La Cour suprême du Pakistan ordonne l’enquête dans l’affaire de PanamaPapers

Texte de : Dr. Smita, ICWA

Traduit par : Nandini Sra

Le Premier ministre du Pakistan  Nawaz Sharif  a survécu de peu à la disqualification dans l’affaire de Panama Papers. Selon le jugement rendu par un tribunal de cinq juges de la Cour suprême du Pakistan comportant  le juge AsifSaeedKhosa, le juge Gulzar Ahmed, le juge EjazAfzal Khan, le juge AzmatSaeed et le juge IjazulAhsan, Sharif ne sera pas disqualifié et une équipe  d’enquête conjointe  devrait être formé pour mener une enquête sur  la piste d’argent de la famille Sharif. La Cour a jugé qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves de corruption pour  écarter du pouvoir, dans l’immédiat, Nawaz Sharif. Le tribunal a ordonné à Sharif et à ses deux fils – Hasan et Hussain – de comparaître devant le l’équipe d’enquête conjointe, le JIT, qui sera composé des représentants  de l’agence d’enquête fédérale,  du bureau anti-corruption, de la commission de sécurité et d’échange du Pakistan  et du service de renseignement  militaire. Le JIT présentera son rapport  toutes les deux semaines.

L’affaire, lancée le 3 novembre l’année dernière,  porte sur  le blanchiment de l’argent  présumé par Sharif dans les années 1990 lorsqu’il  était en fonctions deux  fois en tant que premier ministre. Il concernait également l’achat d’actifs à Londres. Ces actifs et des biens   se sont révélés  l’année dernière lorsque  les  documents divulgués du cabinet d’avocats Mossack Fonseca,   surnommés   «PanamaPapers» par les médias mondiaux,  ont démontré  qu’il s’agissait des propriétés achetées par des sociétés offshore appartenant aux enfants de Sharif. Selon les documents de Panama, trois sur les  quatre enfants de Sharif, sa fille Maryam et ses fils Hasan et Hussain, étaient propriétaires de sociétés offshore et «étaient propriétaires ou avaient le droit d’autoriser des transactions pour plusieurs entreprises». Mais Sharif et sa famille ont rejeté les allégations. L’affaire était basée sur plusieurs pétitions identiques déposées par le chef du Pakistan Tehreek-i-Insaaf Imran Khan et par d’autres personnes au sujet des avoirs illicites  de la famille Sharif à Londres. Le tribunal a également ordonné qu’il soit  important d’examiner le transfert  de l’argent au Qatar. Le comité juridique  de cinq membres a également critiqué le président du bureau anti-corruption  qui n’a pas accompli son devoir. Face au  verdict, la capitale Islamabad a été mise en “alerte rouge”. Environ 1 500 membres du personnel de sécurité ont été déployés  dans  la zone rouge de la ville. Les forces de sécurité ont maintenu la surveillance  stricte sur tous les points d’entrée et de sortie de la zone.

Les journaux de Panama ont donné des détails sur les activités financières offshores alléguées des dirigeants politiques et commerciaux et de l’élite riche à travers le monde. Le cas du premier ministre du Pakistan, Nawaz Sharif, a fait la une dans les journaux, et on estimait que ceci  pourrait déterminer son avenir. En même temps, le parti  d’Imran Khan, qui a mené les allégations de corruption,  va  garder l’affaire à l’affiche avant les élections prévues l’année prochaine. L’affaire avait menacé de jeter le Pakistan dans la turbulence politique avant les élections générales  l’année prochaine.  On pensait que c’était une confrontation entre Sharif et Imran Khan. Les analystes politiques suggèrent que le Premier ministre Sharif ne doit pas être trop triomphant sur le verdict, car l’enquête prochaine  pourrait lui nuire  politiquement.

Le jugement et les documents de Panama ont mis en marche la guerre pré-électorale  au Pakistan. Le Pakistan étant  déjà  secoué  par les  activités liées à la terreur,  et Islamabad étant  réprimandé par la communauté internationale pour son soutien aux groupes terroristes, l’enquête sur les documents de Panama serait un autre casse-tête pour  Sharif. Entretemps, l’armée pakistanaise  surveille de  près les évènements. L’ancien chef de l’armée, le général Raheel Sharif, est un général très populaire et il y a  le sentiment général  qu’il pourrait entrer dans l’arène politique. Le Général Sharif a une image propre à la différence de nombreux autres politiciens pakistanais. La corruption est un problème majeur au Pakistan et pourrait avoir un impact sur les modes de vote lors des prochaines élections. Les partis d’opposition et les experts affirment que la question de la corruption, en particulier les révélations de Panama Papers, a déjà coûté au parti  PML-N sa légitimité morale,   et on ne peut pas nier le dommage politique. Les partis d’opposition pour leur part veulent profiter de la situation. Le sort  électoral  du parti PTI dépend largement du prochain verdict final. Il semblerait  que les élections de 2018 ne seront pas une affaire facile  pour  le Premier ministre Sharif.